Le secteur des services financiers a beaucoup changé au fil des ans, particulièrement au cours de la dernière décennie, et son évolution se poursuit encore aujourd'hui. Occupant une place bien à elle dans l'ensemble des services de ce secteur, la planification financière est une discipline relativement récente, ce qui ne l'empêche pas de prendre de plus en plus d'importance dans la panoplie des services offerts aux Canadiens qui cherchent à faire fructifier le plus possible leur épargne durement constituée.
La planification financière se fonde sur une approche globale des finances du client. Le planificateur financier compétent examine les objectifs, la situation personnelle et la capacité de tolérance du risque de son client, lui fait des recommandations en vue d'assurer la croissance et la conservation de son patrimoine et de minimiser son fardeau fiscal, puis peut ajouter à cela divers services, notamment en matière de planification successorale et d'assurance, selon les besoins de chacun. Dans certains cas, ce même professionnel peut être appelé à s'occuper lui-même de la prestation des services conseillés (notamment vendre certains produits). Dans d'autres, l'exécution des opérations est confiée à d'autres professionnels.
Évolution du secteur
Dans le passé, le secteur des services financiers était entièrement cloisonné. On se rendait à sa banque pour y déposer ses économies ou pour contracter un emprunt. Pour l'acquisition d'actions et d'obligations, on passait par son courtier en valeurs mobilières, tandis qu'on s'en remettait à son agent d'assurance pour acheter de l'assurance et à son représentant en fonds communs de placement pour acquérir des parts de FCP. La réglementation appliquée dans le secteur reflétait la démarcation entre ces services qualifiés généralement de «quatre piliers».
Néanmoins, à mesure du vieillissement de la population et craignant de plus en plus de voir s'éroder progressivement leur revenu disponible et leur épargne-retraite, les Canadiens, perdant foi en la capacité des régimes de retraite et de santé publics à satisfaire leurs besoins dans l'avenir, ont exigé de leurs fournisseurs de services financiers traditionnels des conseils fondés sur une approche plus globale et moins axés sur la vente de services précis. Ils ont commencé à se demander comment ils pourraient planifier en prévision de leur retraite, ou des études de leurs enfants, sans connaître les incidences possibles de leurs décisions sur les divers aspects de leurs finances. Malheureusement, les gens n'ont souvent pas su établir de distinction entre l'offre de conseils sur certaines opérations et la planification financière globale. Dans une large mesure, la confusion persiste dans l'esprit de nombreux consommateurs d'aujourd'hui.
Les piliers ont disparu, mais la confusion persiste
Depuis 10 ou 15 ans, les différences entre les piliers se sont estompées. Constatant la demande croissante pour des services fondés sur une approche plus globale, particulièrement dans le domaine du conseil, les intervenants du secteur en ont profité pour diversifier leurs activités, si bien que la plupart offrent désormais une gamme variée de produits et de services.
De nos jours, les fournisseurs de services financiers et les intermédiaires peuvent loger à plusieurs enseignes. Il peut s'agir de vendeurs ou de conseillers ou, souvent, de professionnels cumulant les deux fonctions.
Une telle polyvalence peut être pratique et efficace, mais elle peut également entraîner la confusion, particulièrement quand il s'agit de savoir lequel de ces professionnels est le plus apte à offrir les services requis, d'autant plus qu'il peut parfois s'avérer difficile de déterminer le type d'assistance dont on a besoin.
Compte tenu des divers rôles que peuvent jouer les intermédiaires financiers, le consommateur doit aujourd'hui faire preuve de plus en plus de vigilance quand il achète un service, de façon à s'assurer que celui-ci correspond bien à ce qu'il recherche. Qui plus est, si de nombreux intermédiaires expliquent volontiers à leurs clients quelles sont les limites de leurs compétences, d'autres s'abstiennent de le faire.
Des titres différents pour des rôles différents - Questions à poser
Plusieurs titres permettent de distinguer les professionnels détenant les compétences requises pour offrir certains services. Pour ce qui est de la planification financière, le titre de CFP (Certified Financial Planner) correspond généralement à la norme professionnelle la plus élevée au Canada et à l'échelle internationale.
Près de 16 000 professionnels ont obtenu le titre de CFP au Canada, et un nombre à peu près équivalent d'étudiants tentent actuellement de l'obtenir. À l'échelle internationale, on compte plus de 100 000 titulaires de ce titre.
De nombreux CFP détiennent également d'autres titres et offrent une gamme de services pouvant comprendre aussi bien la planification financière que la vente de divers produits financiers. Il est donc important que le rôle du professionnel appelé à répondre à vos besoins financiers soit précisé. Nous vous proposons une liste de questions que vous pouvez poser à votre planificateur financier dans le but de clarifier votre relation avec lui ainsi que la nature des services qu'il est en mesure de vous offrir. (Voir la section Dix questions à poser à votre planificateur.)
Un secteur en émergence
Dans le contexte de marchés instables offrant un éventail de plus en plus large de produits de placement à une clientèle désorientée de baby boomers vieillissants et aux besoins financiers en évolution, la demande de conseils financiers professionnels croît de façon exponentielle.
Par ailleurs, un nombre croissant d'établissements d'enseignement post-secondaire offrent des cours préparatoires aux personnes qui se destinent à une carrière dans le secteur des services financiers. Actuellement, 67 établissements offrent plus de 89 programmes d'études visant à permettre aux aspirants au titre de CFP de se préparer à l'examen d'agrément, dont la réussite constitue une condition essentielle.
Les données statistiques que le CRSPF a recueilli depuis cinq ans révèlent que plus du tiers des CFP ont maintenant plus de 50 ans, de sorte qu'une nouvelle génération est appelée à prendre leur relève dans les prochaines années.